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Vivez la réimplantation d’une filature de lin dans les Hauts-de-France de l’intérieur, avec Jonathan Petit, Responsable de site chez Safilin.

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11 min de lecture

Pourriez-vous nous expliquer le projet Safilin en quelques mots ?

J. Petit : C’est l’ouverture d’un site de production de fils de lin, une filature sur Béthune, avec pour objectif 350T de fils et la création d’une cinquantaine de CDI à l’horizon de 2024. Nous allons produire un produit “100% Made in France” dans un circuit court de la graine au consommateur.

Pourquoi avez-vous eu envie de rejoindre ce projet de relocalisation d’une filature en France ?

J. Petit : J’étais à la recherche d’un emploi, suite à la fermeture du site de Bridgestone, au sein duquel je travaillais depuis plus de 20 ans. Quand j’ai vu l’annonce, j’ai postulé parce que je me retrouvais dans les missions et les taches demandées.

De prime abord, ce sont donc les responsabilités et l’autonomie proposées par le poste qui m’ont le plus attiré, mon intérêt grandissant pour l’univers de la filature est venu par la suite.

De plus, même si le lieu était tenu secret, il correspondait au secteur géographique que je recherchais, étant très attaché au secteur de Béthune.

Durant l’entretien avec M. Guillaume, PDG et M. Adens, DAF de Safilin, ma volonté de rejoindre l’entreprise et ce projet challengeant s’est de suite confirmée. J’ai découvert une société aux valeurs familiales et j’ai très vite été emporté par la passion de mes interlocuteurs pour la filature !

Pourriez-vous nous présenter brièvement votre parcours professionnel ?

J. Petit : De niveau BAC + 2 avec un DUT, j’ai un profil plutôt terrain et technique. En 2000, j’ai eu l’occasion d’entrer chez Bridgestone en tant qu’opérateur de production. Ensuite, j’ai rapidement progressé sur un poste de chef d’équipe où j’ai pu découvrir toutes les facettes du management, tout en assurant la gestion du process de production dans sa globalité.

Une quinzaine d’années plus tard, la Direction m’a proposé un poste de Référent HSE, au vu de mon expérience terrain et de mon expertise managériale. J’étais donc en charge d’optimiser toute la partie sécurité et prévention des risques professionnels.

Suite à une refonte de l’organisation de la production, je suis devenu Responsable d’une unité autonome de production, avec la gestion d’une quarantaine de collaborateurs comprenant 5 équipes.

Après la fermeture du site de Bridgestone, j’ai eu l’opportunité de rejoindre Safilin en tant que Responsable de site.

Comment avez-vous réussi à vous projeter sur ce poste, très éloigné du pneumatique ?

J. Petit : Deux éléments m’ont apporté la confiance nécessaire pour me lancer sereinement dans ce challenge.

D’une part, le bilan de compétences que j’ai réalisé quelques années avant la fermeture de Bridgestone m’a permis de me poser les bonnes questions sur mes points forts et points faibles, mais aussi sur ce qui m’anime au quotidien. Suite au bilan, j’ai décidé de passer un titre RNCP de niveau 6 (Bac+3/+4) afin de valoriser et de faire reconnaître l’expérience acquise. J’étais donc au clair sur mes attentes et mes capacités quand je me suis retrouvé sur le marché du travail.

D’autre part, j’ai vraiment apprécié la clarté d’Imagreen sur l’annonce au niveau des compétences recherchées. Cela m’a permis de comprendre que j’avais le bon profil, même si je ne connaissais pas l’univers du textile.

En tant que Responsable de site, en quoi consistent vos missions actuelles ?

J. Petit : J’ai la responsabilité du site de production dans son ensemble. En d’autres termes, je suis en charge de la production dans toutes ses dimensions : de la réception des matières premières jusqu’à l’expédition des produits finis. Autre élément essentiel à mes yeux, je suis également garant de la sécurité des salariés.

En somme, je gère une production avec des femmes, des hommes et des machines. Ma première mission est donc d’harmoniser au maximum la relation entre l’Homme et les process déployés.

Je me suis rapidement familiarisé avec l’univers de la filature, grâce à un apprentissage très stimulant par le biais d’une immersion d’un mois en Pologne. Interagir au quotidien avec les salariés et les responsables sur site était très enrichissant.

Nous avons d’ailleurs prévu un partenariat fort avec la Pologne. Des techniciens polonais sont présents pour nous aider sur l’installation, puis des opératrices polonaises nous rejoindront également pour transmettre leur savoir-faire en direct.

Quelles ont été les étapes de la réhabilitation de l’usine, que vous avez pilotée aux côtés des deux électromécaniciens ?

J. Petit : Nous sommes partis d’un site existant, possédant des atouts majeurs par rapport à nos besoins. En effet, la hauteur sous plafond basse est idéale pour bien gérer notre production et surtout l’hygrométrie. Mon homologue et les techniciens polonais nous ont accompagnés sur place pour l’assemblage des machines. Il faut savoir que certaines d’entre elles peuvent aller jusqu’à 28 m de long avec plusieurs milliers de pièces à assembler. Ce transfert de compétences nous a permis d’avoir toutes les cartes en main pour que ces 6 mois d’aménagement se déroulent au mieux.

Nos deux électromécaniciens français ont également reçu une formation en Pologne, pour être en mesure d’assurer toute la partie maintenance des machines, que ce soit au niveau curatif ou préventif. J’avais beaucoup d’attentes sur ces profils très techniques, qui doit savoir faire preuve de beaucoup de polyvalence (mécanique, électrique, pneumatique)

Ce réaménagement est aussi une belle aventure humaine, durant laquelle nous avons pu partager une autre culture de vie au quotidien. Nous sommes en train de recréer une dynamique franco-polonaise qui avait déjà existé par le passé mais maintenant sur Béthune !

Comment s’est passée la campagne de recrutement concernant les 25 opérateurs qui seront sur les machines ?

J. Petit : Les recrutements sur ce poste étaient un peu particuliers, dans le sens où ce métier n’existe plus en France. En partenariat avec Pôle emploi, nous avons donc décidé d’opter pour la Méthode de Recrutement par Simulation (MRS). Ce processus, qui existe depuis 1990, permet à tout candidat de postuler en se basant uniquement sur les compétences nécessaires au poste d’opérateur, sans tenir compte de ses diplômes ou de ses expériences. Nous avons ainsi pu tester leur dextérité, leur esprit d’équipe, ou encore leur capacité d’autonomie.

Lorsque nous déclenchons ce type de recrutement, il y a une trame à respecter et une charte à signer avec Pôle emploi. Dans un premier temps, nous avons animé 6 réunions d’information ouvertes à tous et suivies par 150 personnes au total. Chaque personne avait ensuite la possibilité de se positionner pour participer aux tests de sélection, avant d’être reçue en entretien de motivation en cas de succès. Nous avons donc rencontré 47 candidats sur une semaine, ce qui était aussi challengeant qu’enrichissant. N’ayant pas la possibilité de poser des questions liées aux précédentes expériences professionnelles, c’était d’autant plus intéressant d’échanger sur leurs visions et leurs leviers de motivation, très différents d’une personne à l’autre.

J’ai été agréablement surpris par l’évolution positive de la perception du travail en usine. La plupart des candidats reçus avaient conscience de la complexité du travail en poste, mais démontraient une véritable curiosité sur la matière le lin ou sur les valeurs de l’entreprise.

Aux côtés d’Anne-Sophie, Consultante RH chez Imagreen, j’ai donc eu l’opportunité de présenter de très bons profils à ma Direction, en vue d’une intégration en formation début mars.

Qu’avez-vous pensé de l’accompagnement d’Imagreen lors des différentes phases du projet ?

J. Petit : Dans un premier temps, j’ai découvert Imagreen quand j’ai postulé à l’offre de Responsable de site. J’ai alors fait la connaissance d’Anne-Sophie, avec qui j’ai eu des échanges très satisfaisants. C’est une personne très professionnelle dans son domaine, qui a su comprendre et restituer les enjeux du poste, les valeurs et l’histoire de Safilin. C’est un réel bénéfice d’avoir un cabinet qui prend le temps de comprendre les entreprises qu’il accompagne.

Également, Anne-Sophie m’a accompagné sur le recrutement des techniciens de maintenance, qui sont des profils très recherchés et pénuriques. Je n’ai pas eu beaucoup de CV, mais on m’a trouvé deux “perles”.

Ensuite, nous avons travaillé en trinôme avec Imagreen et Pôle emploi sur le process de recrutement des opérateurs de production. Au sein de Safilin, nous n’avions ni le temps ni les moyens nécessaires pour construire seuls la réunion d’information. Nous avons donc fait appel à Imagreen, qui a su être à l’écoute de nos besoins, afin de faire ressortir nos valeurs et les messages que nous souhaitions faire passer.

J’ai également eu des échanges fréquents avec Anne-Sophie sur l’organisation, la planification, la construction des questionnaires et la trame des entretiens. Elle s’est rendue très disponible pour s’imbriquer dans mon agenda et je n’ai rien eu à penser, car toute la logistique avait été anticipée. C’était un vrai travail d’équipe, car seul j’aurais été incapable de faire aboutir 47 entretiens de motivation. Dans l’ensemble, j’ai donc une vision très positive de l’accompagnement d’Imagreen.